29 / 11/ 2005 Sylvie Le Bars - Arkandis
A la base de cette réflexion, il y a l’article de Clay Shirky « Ontology is overrated : Categories, Links, and Tags » qui reprend deux présentations qu’il a faites. La première à O’Reilly Etech en mars intitulées “Ontology is overrated”. La seconde à IMCExpo en avril, intitulée : « Folksonomies & Tags : the rise of user developed classification”.
Cet article est articulé en deux parties.
La première expose l’usage de la classification :
- par les chimistes avec la classification des éléments,
- par les bibliothécaires,
- par Yahoo,
La seconde expose l’émergence d’une classification par les tags, avec le très populaire del.icio.us.
La qualité des exemples proposés est remarquable, mais je n’ai pas trouvé la cohérence de l’argumentation.
La classification périodique des éléments est un outil de travail qui a entre autre permis d’anticiper des découvertes. Pas trop de rapport avec l’accès à l’information.
Pour ce qui est de l’information distinguons les deux rôles : celui qui classe l’information et celui qui souhaite la retrouver.
Dans le cas des bibliothèques, de yahoo … celui qui classe l’information n’est pas celui qui souhaite la retrouver. Et là forcement il y a frottement. J’entends mon homme qui régulièrement me demande « Mais où as tu rangé le ….. ? » Même avec l’expérience, le classement de l’autre reste problématique, énigmatique…
Avec del.icio.us, il y a identité entre celui qui range et celui qui retrouve. C’est le même quidam qui décore une référence avec des tags et qui utilisera les tags pour retrouver ses trésors. C’est plus facile d’être en cohérence avec ses propres tags, quoi que….sans jardinage l’entropie retrouve ses droits (cf mon précédent billet).
Pour être cohérente, la comparaison doit être réalisée entre la recherche d’une information en utilisant une classification et la même recherche en utilisant les tags posés par le collectif.
Avec un second niveau de comparaison avec la même recherche basée sur l’indexation full-text du document telle que réalisée par Google.
Expérimentation
Je fais le test avec Pollux (l’avantage de l’utilisation d’un nom permet de contourner l’aspect du plurilinguisme sous-jacent).
Google plus de 2 millions de résultats
delicious 9 résultats
Vous me direz que mon exemple est mal choisi, et que web2 serait un meilleur candidat compte tenu de la population qui a connaissance et utilise ce service.
Google :4,5 millions
delicious : 19 mille en comptant les doublons
Il n’y a toujours pas photo, et pourtant personnellement je me tournerais aujourd’hui plutôt vers delicious pour glaner une référence sur le sujet.
Je n’ai pas encore lu d’études sur la pertinence des résultats lorsque l’on effectue une recherche en utilisant delicious.
Et puis en ce qui concerne les ontologies… là j’ai l’impression que l’auteur a raté une marche…cf billet publié par Stefano’s Linotype
Ressources :
Le site web de Clay Shirky
L’article en question
La classification des éléments
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La différence entre le monde de l’écrit et celui du numérique par rapport à ce sujet, réside dans le fait que dans le premier monde on vise à fixer les choses et leurs liens pour l’éternité parce que dans cette logique cela permet de créer l’identité. Au contraire, dans le second, ce qui identifie ce ne sont pas les attibuts mais le contexte. En l’occurrence, le cheminement des actions par rapport à des situations. Ceci renvoie, par exemple, au plan cognitif, à l’énaction de F. Varela, et sur le plan sociologique, toujours oar exemple, au bouquin de J.P. Kaufmann, “L’invention de l’identité” dont le sous-titre est, comme par “hasard, “Une théorie de l’identité”.
Quand on parle, à propos de l’avènement du numérique, de changement de paradigme, ce n’est pas, effectivement, un euphémisme. ;o)
Comment by Patrick Yeu — 17 / 03/ 2006 @ 13:40
Pour faire suite à l’idée que Clay Shirky aurait manqué une marche, je ne crois pas que ce soit le cas. Dès lors que l’on admet la relativité des tags et des ontologies, on respecte l’assertion selon laquelle le numérique est fondé sur autre chose que des attributs universels et éternels. Ce qui est le cas sinon dans le monde de l’écrit du moins dans celui de la sémantique, où l’enjeu est moins pratique que politique. Ontologies et tags, dans ces dernières logiques, sont affaire de pouvoir parce que ce qui est en question, ce n’est pas l’action mais le fait de détenir ou non la Parole et de maîtriser le Verbe et son excercice. Une autre planète, celle des Etats et des Nations. Celle aussi du libéralisme, ce capitalisme qui n’a pas compris qu’il se mangeait la queue en voulant l’argent et en condamnant dans la pratique le patrimoine. Si Schumpeter s’est peut être trompé sur le fait que c’est le socialisme qui l’emportera sur la capitalisme, je ne pense pas qu’il se soit trompé sur la capacité du capitalisme à s’auto-détruire…(”Capitalisme, socialisme et démocratie”)
Comment by Patrick Yeu — 17 / 03/ 2006 @ 14:17