Taxinomie Classification et Architecture de Information

05 / 04/ 2006 Sylvie Le Bars - Arkandis

Classifications et taxinomies sont utilisées pour concevoir l’interface d’accès à l’information de l’entreprise. Les éléments de l’interface reproduisent les premiers niveaux de la classification pour guider l’utilisateur vers l’information recherchée.

Attention au détournement de classification pour un usage de navigation, repérage, identification ; elles ne sont généralement pas conçues pour cet usage.

La taxinomie (du grec ταξινομία taxis : rangement et nomos : loi) est la partie de la biologie visant à établir une classification systématique des êtres vivants, appelée aujourd’hui systématique. Cette classification inventaire permet de classer toute nouvelle espèce. Sa transposition pour accéder à de l’information est illusoire.

Après « la taxinomie » inventaire un vivant, le mot taxinomie a été réutilisé pour désigner des systèmes de classification.

Quant à lui, le mot taxonomie a été forgé pour parler de l’étude de la classification, une sorte de méta classification.

Prenons maintenant la célèbre classification périodique des éléments : inventaire et prédictions sur l’existence d’éléments non encore découverts lors de son élaboration. La classification périodique des éléments est un outil de travail pour les chimistes.

Certaines classifications permettent de décider du comportement à adopter face à un objet donné. Prenons par exemple un véhicule, sa classification suivant son poids, le nombre de place… permet de déterminer le permis nécessaire pour le conduire, les règles spécifiques du code routier s’appliquant…

D’autres classifications sont élaborées pour prédire le comportement d’un objet.

De très nombreuses classifications sont élaborées pour comprendre un phénomène dans l’objectif de pouvoir ensuite agir. Prenons par exemple la classification des causes de décès, les statistiques sur l’évolution de ces causes sont exploitées en médecine, mais aussi économie, politique, prévention sanitaire…

Aucune de ces classifications n’est transposable dans le domaine de l’accès à l’information.

Moins exotique, prenons la classification utilisée dans les bibliothèques, celle de Dewey par exemple. Elle est conçue pour organiser et classifier le savoir. Elle n’est pas transposable sauf peut-être pour accéder aux documents d’une bibliothèque virtuelle, en lui imposant des contraintes physiques qui n’existent plus : pas de matérialité du livre, pas de rayonnage…

Et les thésaurus ? Un thésaurus est une ressource terminologique utilisée pour décrire le contenu d’un document. Son organisation n’est pas hiérarchique. Et surtout son objectif n’est pas de classer des contenus, mais d’en parler en respectant un vocabulaire contrôlé.

Ces taxinomies ne peuvent être transposées pour accéder à l’information d’une entreprise. Elles permettent de comprendre comment des objets (sujets, actions…) se situent dans un ensemble, comment interagir avec ces objets…

Alors… il faut construire des classifications ou taxinomies sur mesure pour accéder à l’information de l’entreprise. L’élaboration de cette architecture de l’information prendra idéalement en compte : les processus pour lesquels le besoin d’information émerge, la diversité des catégories d’utilisateurs, sans oublier les liens transverses que le supermarché sait si bien exploiter en disposant la crème chantilly en regard des fraises.


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