Social Bookmarking en Entreprise : les perspectives

19 / 05/ 2006 Sylvie Le Bars - Arkandis

Existe-il des projets de social bookmarking dans les entreprises ? Les résultats sont-il différents de ceux obtenus avec del.icio.us ? Quelles sont les solutions mises en œuvre ?

Le sujet est tout juste frémissant.

Peu de projets, de bookmarking social en entreprise, ont fait l’objet de publication. IBM semble pionnier avec 2 projets le plus ancien liés au projet ThinkPlace et le second DogEar qui a fait l’objet d’un article dans ACM Queue en novembre 2005. Lucent communique aussi sur un projet de ce type.

Une plate-forme de bookmarking social pour l’entreprise, c’est l’équivalent à de del.icio.us alimenté uniquement par une communauté, un projet ou plus largement tous les employés d’une entreprise.

Le bookmarking

L’enregistrement de signets est une technique de PKM (Personal Knowledge Management) largement partagée, car elle fait gagner un temps précieux pour retrouver des ressources mémorables. L’organisation de ces signets est au mieux réalisée en suivant un classement hiérarchique. Souvent les signets sont en vrac, donc peu trouvables.

Le social Bookmarking

Pourquoi les services de bookmaking sociaux ont-ils une telle popularité ? J’explique ce succès par deux facteurs l’un purement technique sur la gestion proprement dite des signets : ubiquité et trouvabilité, et le second sur l’accès aux signets déposés par tous les utilisateurs du service (mesurer la popularité d’un signet, identification de pairs, recherche d’information).

Ubiquité

Les signets sortent du poste de travail. Ils deviennent accessibles depuis un navigateur anonyme.

Trouvabilité

L’utilisateur décore ses signets de mots clés –tags- qui décrivent la ressource augmentant ainsi la trouvabilité de chaque signet et par la même sa réutilisation. Au-delà de cette simplicité, après quelques semaines d’utilisation d’un tel service, on se rend compte que l’utilisation de mot-clés pour décrire une ressource n’est pas si évidente. On utilise souvent des synonymes, on utilise plusieurs langues. Et la fonction d’améliorer la trouvabilité ne fonctionne réellement que si l’on prend le temps de la réflexion sur des thèmes spécifiques, que l’on prend le temps de fusionner certains mots-clés. Une prise de conscience de son propre travail et des motivations liées à l’enregistrement d’un signet…

Social

D’un point de vue social, la plate-forme permet d’accéder aux signets des autres membres du service, et donc de découvrir des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt. Elle permet aussi de mesurer la popularité d’un signet.

Recherche d’information

D’un point de vue recherche d’information, la plate-forme permet de découvrir des ressources privilégiées et ainsi d’initier une nouvelle forme de recherche d’information qui permet presque de réserver Google aux cas de force majeure.

Transposition dans l’entreprise

Toutes ces bonnes propriétés peuvent-elles être transposées au sein d’une entreprise ? Je réponds oui sans aucune hésitation avec même une démultiplication des bénéfices.

Individuel

D’un point de vue gestion de ses signets, une plate-forme de social bookmarking apportera aux utilisateurs les mêmes service au sein de l’entreprise qu’une plate-forme de type del.icio.us.

Collectif

D’un point de vue social, les bookmarks tracent les centres d’intérêt de chaque utilisateur, et permettent d’identifier les personnes susceptibles d’intervenir sur un problème pour lequel elles manifestent un intérêt. Les utilisateurs appartiennent tous à la même organisation et deviennent tous plus que des contacts, mais des contributeurs. Identifier les membres d’une communauté. Partager des ressources pour un projet.

D’un point de vue recherche d’information, le résultat sera encore plus probant que celui que l’on peut constater en utilisant del.icio.us. Les contributeurs de la plate-forme travaillent pour le même service, ou plus largement pour la même entreprise, ainsi les signets consignés profitent de ce filtre social très fort.

Bonus

Le social bookmarking va produire un matériau d’une absolue richesse les mots-clés. Les mots-clés de del.ico.us constituent un matériau inexploité, sauf peut-être par des chercheurs qui étudient ce phénomène social. Par contre, en entreprise, l’analyse de ces marqueurs sémantiques constitue un formidable observatoire des tendances, des besoins, du vocabulaire utilisé pour décrire une activité. Ils constituent le meilleur ferment pour construire une taxinomie, ou faire évoluer une taxinomie existante.

Dans un prochain billet je présenterai les solutions logicielles pour installer une plate-forme de social bookmarking dans l’entreprise.

Ressources sur le sujet :


Folksonomie et Taxinomie ne jouent pas dans la même catégorie

16 / 05/ 2006 Sylvie Le Bars - Arkandis

LibraryThing, un parmi les centaines de services on-line qui ont une composante « web2 », permet de créer un catalogue de sa bibliothèque. Ce catalogue est bien sûr accessible à tous. Chaque ouvrage peut être décoré par des tags. Du web2 quoi ! Jusqu’à très récemment, les livres étaient uniquement identifiés par les tags des contributeurs, mais comme la classification des livres existe par ailleurs, elle vient d’être ajoutée par le producteur de ce service. D’où la polémique sur le blog du service taxinomie, folksonomie co-existence ? J’utilise ce service, et j’ai à l’occasion rédigé une petite note sur les tags qui m’ont dans un premier temps parus pertinents. Ces tags concernent mon expérience du livre, notamment la raison pour laquelle il se trouve dans ma bibliothèque. Aucune taxinomie officielle du sujet ne me sera utile pour organiser ces livres. Par contre la taxinomie officielle peut me permettre de découvrir des ouvrages dans la même catégorie que je pourrais souhaiter consulter. Folksonomie et taxinomie ne jouent définitivement pas dans la même catégorie. Les tags que j’utilise sont avant tout destiné à l’usage que je fais ou souhaite faire des articles, livres, photos, signets…Une sorte de projection de mon univers mental sur des « objets ». Une bonne façon de capture la connaissance au sens ou elle peut être entendue dans mon billet précédent sur la méthode préconisée par Jean Paul Baquiast….

Le calaogue de ma bibilothèque sur LibraryThing

Le billet sur le blog de LibraryThing

[découvert grâce à Joho the blog]


L’Ontologie Est Surfaite : Catégories, Tags et Liens

15 / 03/ 2006 Sylvie Le Bars - Arkandis

J’avais fin novembre 2005 rédigé un billet intitulé : Si Pollux avait eu des tags…il n’aurait pas perdu son sucre

L’article source de ma réflexion a été traduit par Christophe Ducamp et est accessible sur le site de l’Elanceur.


A social analysis of tagging

31 / 01/ 2006 Sylvie Le Bars - Arkandis

Rashmi Sinha nous propose sur son blog le second volet de son analyse sur les tags.
Après une analyse cognitive du tagging, elle nous propose une analyse sociale du phénomène.

Je recommande vivement la lecture de ce billet.

[via pluriTAL]

tags


Le format des tags en question

04 / 01/ 2006 Sylvie Le Bars - Arkandis

Un billet sur Signal vs. Noise fait le point sur les différents formats proposés pour les tags que l’on souhaiterait former de plusieurs mots tels que « intelligence économique » « intelligence collective » « intelligence organisationnelle »

Sur del.icio.us j’utilise le principe du motWiki : je colle les mots en mettant une majuscule au second : intelligenceCollective, intelligenceEconomique, intelligenceOrganisationnelle. Dans la fructueuse discussion qui complète ce billet, il est beaucoup question de normalisation.

Est-ce réellement nécessaire ?

Non ! Pour une ressource textuelle je prêcherais pour maintenir diversité. Je pense que le fait qu’une même ressource soit indexée par plusieurs personnes introduit suffisamment de diversité pour que je puisse la retrouver quel que soit le format de l’index que j’utiliserais pour formuler ma requête.

Oui ! Pour une photo qui est indexée par une seule personne, s’il n’y a pas un minimum de normalisation, cette photo peut être invisible si celui qui effectue la recherche n’utilise pas le même format pour formuler sa question.

[Référence à l’article piochée sur Ergopole]


Une ontologie pour supporter les folksonomies

07 / 12/ 2005 Sylvie Le Bars - Arkandis

L’initiateur de cette idée est Tom Gruber.
Tom Gruber se présente ainsi sur son espace personnel sur le web : tomgruber.org : Tom Gruber is an innovator in technologies that extend human intelligence.

Il vient de publier un article : Ontology of Folksonomy: A Mash-up of Apples and Oranges

Cet article prolonge l’article de Shirky -commenté ici- en ré intoduisant les ontologies pour l’interopérabilité des tags.
Gruber propose de créer un groupe de travail pour définir une ontologie qui permettrait aux différentes applications qui hébergent du contenu indexé par des mots-clés –tags- du genre del.icio.us ou Flickr, de mixer –mashup- leurs contenus. Cette agrégation nécessiterait un minimum d’interopérabilité qui peut se traduire par une ontologie.
Attention il est bien question d’ontologie sur la façon d’associer un mot-clé à un objet, et non une recommandation sur les mots-clés eux-mêmes.
C’est en effet une piste intéressante, tant que l’on confie du contenu à des plates-formes différentes, les signets ici, les photos là, son réseau social ailleurs…

Indépendamment de cette réflexion sur l’interopérabilité des plates-formes dont le contenu est valorisé par les utilisateurs, je recommande la lecture de l’article qui expose brillamment l’apport des tags à la recherche collaborative.

[via Cataloga]


Les Tags a l’assaut du web

01 / 06/ 2005 Sylvie Le Bars - Arkandis

Article très documenté de Clément Hardoüin, sur l’usage des tags pour enrichir l’information que l’on publie sur le net. [Via David Touvet]


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